Trop d’impots tuent l’impôt ?

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Souvent reprise par des hommes politiques de tout pays, l’idée selon laquelle « trop d’impôts tuent l’impôt » n’est pas neuve en soi.

L’économiste et philosophe écossais Adam Smith (1723 – 1790) la suggérait déjà dans son oeuvre majeure « les Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations » et le Français Jean-Baptiste Say (1767 – 1832) affirmait qu’« un impôt exagéré détruit la base sur laquelle il porte ».

Derrière ces déclarations il y a l’idée centrale selon laquelle la relation positive entre la croissance du taux d’imposition et la croissance des recettes de l’État s’inverse quand le taux d’imposition devient trop élevé. Les économistes libéraux expliquent que quand les prélèvements obligatoires sont élevés, toute augmentation, même mineure, de l’impôt conduit alors à une baisse des recettes de l’État car les acteurs économiques qui s’estiment sur taxés sont incités à moins travailler.

À la fin des années 70, l’économiste américain Arthur Laffer a théorisé ce qu’il appelle l' »allergie fiscale » et rendu populaire une modélisation économique au moyen courbe qui porte son nom. Cette courbe montre qu’il n’est pas fiscalement rentable de dépasser un certain taux de prélèvement estimé à 50% – 80% du PIB. Cette courbe et la vision politique qui en découle ne font pas l’unanimité, loin de là. Des théoriciens non libéraux comme Peter Lindert ou l’économiste Joseph E. Stiglitz soulignent les imperfections de la courbe. Ce dernier « reproche à Laffer d’avoir présenté une courbe dont la forme est en fait inconnue. »

Le débat autour de la courbe de Laffer continue de plus belle et la désormais célèbre phrase « trop d’impôts tuent l’impôt » revient dans le discours politique à date régulière…

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